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Limitation des captures accidentelles de dauphins communs dans le golfe de Gascogne

Pourquoi le projet LICADO ?

LICADO a été pensé à partir du printemps 2017, après que des pics d’échouage importants de dauphins communs aient été recensés sur les plages du golfe de Gascogne.

Ce projet s’inscrit dans la continuité d’une part des expérimentations et réflexions menées depuis le début des années 2000 et plus récemment au sein du GT Captures accidentelles mis en œuvre par les Ministères en charge de la pêche et de l’écologie et des actions concrètes mises en œuvre en 2018 (projet PIC) et 2019 (utilisation volontaire de pingers par l’ensemble des chalutiers pélagiques en bœuf , associée à un effort d’observation très important et au marquage des carcasses de dauphins capturés accidentellement).

Ce projet constitue la partie opérationnelle des actions définies au sein du GT par les scientifiques et les professionnels permettant d’aboutir à des solutions pertinentes et opérationnelles pour limiter les captures accidentelles de dauphins.

 

Ainsi, le projet LICADO associe le Comité national des pêches maritimes et des élevages marins (CNPMEM), porteur du projet, à l’Observatoire Pelagis, l’Ifremer, la SAS OCTech, l’OP Les Pêcheurs de Bretagne et l’Association du Grand Littoral Atlantique (AGLIA). LICADO, qui se déroule de juin 2019 à mai 2022, bénéficie d’un financement de l’Europe, de l’Etat français, ainsi que de l’association France Filière Pêche.

Quels sont les objectifs de LICADO ?

L’objectif principal du projet est de proposer des dispositifs technologiques et des stratégies opérationnelles pour limiter les captures accidentelles de dauphins communs dans les pêcheries utilisant le chalut pélagique et le filet dans le Golfe de Gascogne.

Quelles sont les actions prévues ?

Pour la flottille des chalutiers pélagiques, LICADO visera à perfectionner les répulsifs acoustiques « pingers » pour les rendre encore plus efficaces :

  • Résoudre les problèmes de chargement des batteries observés en conditions météorologiques difficiles,
  • Améliorer l’ergonomie et la praticité des dispositifs pour les équipages,
  • Développer des nouvelles fonctions, comme l’interactivité des pingers (qui ne se déclencherait qu’en  présence de dauphins) ou le caractère directionnel de l’émission.

Quatre paires de chalutiers testeront les pingers en conditions réelles de pêche lors de trois saisons (de janvier à avril 2020-2021-2022). Quatre observateurs assureront la collecte de données. Pour démontrer l’efficacité du pinger, les scientifiques considèrent qu’il est nécessaire de mettre en place un protocole alterné (alternance de traits avec le pingers en fonctionnement et hors fonctionnement).

Pour la flottille des fileyeurs, pour laquelle les connaissances sur la nature de l’interaction sont beaucoup moins importantes, LICADO aura plusieurs objectifs :

  • Mieux comprendre la nature de l’interaction, par le biais d’analyse de données et d’enquêtes auprès des patrons pêcheurs : quels sont les métiers concernés ? à quel moment de l’action de pêche se produit l’interaction ? quelles sont les conditions qui augmentent le risque d’interaction ?
  • Trouver des solutions technologiques adaptées à la diversité des métiers du filet (beaucoup plus hétérogènes que le chalutage pélagique en bœuf). Il est à ce stade prévu d’appréhender la pertinence de 3 solutions innovantes :

1) Eviter l’interaction lors du filage par l’utilisation d’un dispositif acoustique : lors du filage, le bateau fait route rapidement en déployant dans son sillage le filet ; lorsque le filet tombe dans le sillage il est ouvert. La zone du sillage est une zone très perturbée par les remous du bateau et de son hélice, la visibilité est faible et l’écholocalisation très difficile en raison de l’ensemble des microbulles qu’incorpore le sillage. Ce dispositif ne sera utilisé que lors du filage.

Quatre fileyeurs testeront les pingers en conditions réelles de pêche de janvier à avril 2020. Un observateur assurera la collecte des données par rotation sur les quatre navires.

2) Eviter l’interaction lorsque les filets sont calés par l’utilisation d’un dispositif acoustique : dans la continuité des travaux effectués sur l’équipement de chalut en pingers, des tests seront réalisés, avec des répulsifs calés en bout de filière qui émettront de manière omnidirectionnelle (afin de limiter le nombre de balise à utiliser) et intégrant la fonction interactive (déclenchement sur présence de dauphins) afin de limiter la « pollution » acoustique.

Lors de deux saisons de pêche hivernale (janvier à avril 2021 et 2022), un navire réalisera des opérations de pêche avec une alternance spatiale ou temporelle de filières équipées de pingers en ses extrémités et non équipées du dispositif. Un observateur assurera la collecte des données à bord.

3) Eviter l’interaction lorsque les filets sont calés par l’utilisation de réflecteurs acoustiques (ECHOSAVER) : l’une des hypothèses est que les dauphins n’arrivent pas à détecter la présence des filets, notamment ceux montés sans flotteurs, avec leur système d’écholocation. La solution proposée ici serait d’ajouter des « réflecteurs » acoustiques dans les ralingues des filets afin de les rendre détectables par les dauphins.

Lors de deux saisons de pêche (janvier à avril 2021 et 2022), un navire testera le dispositif. Seule la moitié des filets sera équipée de réflecteurs. Un observateur assurera la collecte des données lors des tests.

D’autres solutions pourront être testées en fonction des éléments ressortant de l’amélioration des connaissances mentionnées précédemment.

Après des essais en bassin réalisés à l’été-automne 2019, une première étude en mer des pingers sera effectuée pour tester les réactions des bancs de dauphins communs dans le Golfe de Gascogne à l’approche de ces répulsifs acoustiques. Initialement prévus à l’automne 2019, ils devraient se dérouler en fonction des conditions météorologiques au printemps 2020.

Un autre volet du projet portera sur les réflexions autour de stratégies de pêche innovantes : pratiques et stratégies d’évitement.

L’étude bibliographique, d’une part des pratiques d’évitement recensées dans la littérature scientifique et d’autre part des systèmes de déclaration de présence et de captures accidentelles existants sur d’autres pêcheries, en complément des enquêtes de terrain mentionnées précédemment, doit permettre de mener une étude de faisabilité de mesures de gestion innovantes et d’attitudes à adopter à bord en présence de dauphins.

Cette phase de proposition des modalités de gestion qui pourraient être mises en place intégrera une étude des conséquences socio-économiques de ces propositions, et sera suivie d’un échange avec les professionnels sur les résultats, afin de confronter la théorie à la réalité du terrain et à la faisabilité des propositions.

Ce volet stratégique sera mené sur la première année du projet (juin 2019-mai 2020).

Contact : Perrine DUCLOY, CNPMEM, Coordinatrice du projet LICADO ; pducloy@comite-peches.fr ; 01.72.71.18.00